Cette course au programme du CAS avait initialement été prévue à la mi-mars, mais compte tenu d’un danger d’avalanche marqué, Cyril nous avait emmenés au Chantonnet au Val Ferret, plus sûr.
Constatant que les conditions à Pâques s’annonçaient excellentes et qu’il restait de la place à notre cabane Valsorey, un petit groupe s’est constitué spontanément pour saisir l’occasion de réaliser cette traversée.
Vendredi Saint, rendez-vous à 9h30 à Bourg Saint-Pierre au Bivouac de Napoléon pour entamer la montée skis aux pieds, d’abord par un froid glacial, puis par un soleil devenant de plus en plus chaud. Les rivières et notamment la gorge après le Chalet d’Amont sont confortablement recouvertes de neige et cela passe bien. Mais comme d’habitude, la montée finale depuis les Grands Plans, sous un Soleil de plomb, nous demande la dernière énergie. Nous sommes récompensés par l’accueil chaleureux de notre gardienne et son équipe ainsi que par une ambiance féerique au coucher du Soleil, avec vue sur le Vélan et le Mont Blanc.
Le lendemain matin, nous partons gentiment après les équipes qui continuent la Haute Route. Nous prévoyons de porter les skis dans la partie la plus raide sous le col du Meitin, mais la neige est trop profonde et nous devons remettre les skis. Alors quel défi de faire les innombrables conversions serrées dans une pente de 45 °. Tomber ou glisser absolument interdit !! Mais un ski de Nine s’en moque et se décroche lors d’une conversion dans la partie la plus raide et dévale la pente pour sauter par la barre rocheuse et disparaître dans le brouillard. Heureusement que Nine a pu s’accrocher, mais elle se trouve avec un seul ski. Que faire ? Marlyse (merci !!!) est d’accord d’accompagner Nine pour retourner à la cabane, crampons aux pieds, où nous espérons que notre gardienne pourra lui prêter des skis. Valentine, Nicolas et moi-même continuons l’ascension vers le Col du Meitin. Bientôt nous devons faire notre propre trace, puisque celle de la Haute Route part à droite vers le Plateau du Couloir. Petit tension nerveuse quand nous traversons, espacés, la pente de plus de 45° dans une neige immaculée direction col du Meitin. Nous sortons gentiment du brouillard et l’ambiance est fantastique, juste ternie par la mésaventure de Nine.
Au col du Meitin, un vent glacial nous accueille, contrastant avec le Soleil et le ciel bleu. Nous descendons tout de suite sur le Plateau des Maisons Blanches pour faire une pause au milieu du glacier, dans un décor himalayen au pied du Grand Combin. S’ensuit la deuxième moitié du plateau, peaux aux skis, puis la remontée du petit couloir très raide sous le col de Panossière.
Arrivés au col, nous renonçons à monter au Combin de Boveire, d’une part parce que l’arête à monter en crampons est trop enneigée et d’autre part pour profiter d’une neige pas encore trop ramollie à la descente. Les pentes larges du glacier de Boveire sont superbes, la neige assez bonne sans être poudreuse. Plus bas, vers la grande moraine, elle devient pourrie et un peu traitre et nous sommes contents d’avoir entamé la descente sans tarder.
A l’alpage du Creux du Mâ, la petite table et le banc en bois nous invitent à une dernière pause. Que cela fait du bien de dégourdir nos cuisses qui brûlaient !
Encore un peu de portage et nous voilà sur la terrasse du Bivouac de Napoléon, à siroter un Schorlé ou une bière par une chaleur estivale.
Nos amies Nine et Marlyse sont déjà sur le retour direction Bulle. Par miracle, Nine a retrouvé son ski sous la barre rocheuse et les deux amies ont pu descendre par le chemin normal à Bourg Saint-Pierre. Promis juré, nous retournerons à Valsorey avec vous les deux copines, pour accomplir cette magnifique traversée !!!
Felix Würgler
ParticipantEs
Anne-Marie (Nine), Marlyse, Valentine, Nicolas, Felix